Les appstores : un nouveau désastre, similaire à Internet Explorer 6 ?

Logo IE6Il existe encore, en 2011, des entreprises qui obligent leurs utilisateurs à utiliser le pire outil internet existant, Internet Explorer 6, parce qu’elles ont fait de grosses bêtises pendant les années 2000 – 2005, en développant des « applications optimisées IE6 ».

Hélas, j’en croise tous les jours, et souvent ce sont les plus grandes qui ont fait les plus grandes erreurs et qui soumettent encore leurs collaborateurs à ce martyr quotidien.

IE6 countdown 12:2011Je souhaite féliciter Microsoft (une fois n’est pas coutume, penseront les lecteurs de ce blog !) pour avoir créé un site encourageant les entreprises à abandonner IE6 ; cela fait belle lurette que le grand public a pris les devants !

Pourquoi autant d’IE6 en Chine ? Je m’étais posé la question et pense avoir trouvé la réponse ; un grand nombre des Windows utilisés dans ce pays ne sont pas toujours des copies légales et il est difficile de mettre à jour IE sans une licence officielle.

 

Les appstores : un grand succès, fin 2011

Distimo - Free apps : platform:timePopularisées par Apple, reprises avec succès par Android et beaucoup moins par Windows Mobile 7 ou RIM Blackberry, les appstores sont des espaces propriétaires qui permettent aux utilisateurs d’une plateforme mobile d’y trouver un très grand nombre d’applications spécifiques.

Une très bonne étude récente, publiée par Distimo inscription préalable obligatoire), fait le point sur ce marché florissant en 2011. A titre d’exemple, ce graphique montre que sur le marché des applications gratuites Android a dépassé iOS et que les autres plateformes sont loin derrière.

Distimo 10 top apps : platformsDans la liste des 10 applications les plus téléchargées en 2011, avec Angry Birds en tête, les jeux et les outils sociaux ou de communication se taillent la part du lion.

Alors, pourquoi s’inquiéter ? Tout va bien sur le marché des appstores !

Derrière ce succès important se cachent des risques majeurs, qu’il est essentiel de bien comprendre et de combattre.

 

Les appstores : dangers majeurs !

George Colony, Président de la société d’études Forrester Research, a parlé lors de la conférence LeWeb 11 de « la mort du WEB », remplacé par « l’Internet Applicatif » ; c’est l’essentiel de son discours dans cette vidéo.

Le même thème est repris dans un excellent et récent billet d’Olivier Ezratty.

La mort du WEB ? Si ces prévisions se réalisaient, quelles en seraient les conséquences les plus dramatiques ?

Prison Windows vers Apps mobile– Une nouvelle victoire des plateformes propriétaires. On avait beaucoup souffert avec la domination sans partage du couple Windows – IE6 à partir des années 2002. Retomber dans les mêmes errements avec les appstores en 2012 ? Non merci !

– La disparition des liens Web permettant de naviguer sans aucune contrainte d’un espace à l’autre. Non merci !

– La perte de l’indépendance entre l’objet d’accès, PC, Mac, tablette ou smartphone et les contenus. Non merci !

– La tyrannie de la mise à jour permanente d’applications sur nos outils mobiles. Non merci !

– L’obligation de stocker le même contenu, des milliers de fois, sur des dizaines d’objets différents, quand l’accès à une vidéo, une image, un libre électronique mémorisé en un seul point devient possible. Non merci !

Faut-il pour autant paniquer ? Je ne le pense pas, et suis heureux de constater que nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas considérer cette évolution vers un monde d’appstores propriétaires comme inéluctable.

Mark Suster a publié l’une des meilleures critiques de la thèse de George Colony que j’ai pu lire : « La fin du Web ? Ne pariez pas sur elle. »

Pourquoi cet optimisme ? Les réponses qui vont permettre de conserver un Web ouvert existent…

 

Une seule réponse, le respect des standards modernes du Web

Web 2.0 as a platformLe Web 1.0, très orienté documents, se marginalise, oui, et cela a commencé il y a bien longtemps avec l’arrivée du Web 2.0. Si c’est de ce Web « document » que parle George Colony, alors oui, je partage son point de vue.

Aujourd’hui construire le Web applicatif ouvert, alternatif aux appstores propriétaires, c’est possible, c’est réaliste, c’est l’avenir.

La clef de cette révolution a un nom : HTML5.

(Pour ceux qui ne seraient pas familiarisés avec HTML5, j’ai publié en 2011 un billet sur ce sujet.)

Complété par les autres outils modernes tels que JavaScript ou CSS, la « boîte à outils » du développeur Web lui permet aujourd’hui de construire de remarques applications ouvertes, et tous les véritables professionnels du Web l’ont compris.

Amazon, SlideShare, Google… la liste est longue des entreprises qui ont montré que l’on pouvait faire l’impasse sur les appstores propriétaires.

L’exemple d’Amazon est particulièrement intéressant ; l’une des applications proposées permet de lire des ebooks dans un navigateur moderne… sans avoir à acheter la « liseuse » maison !

Angry Birds HTLM5Même Angry Birds, l’application la plus téléchargée sur toutes les plateformes mobiles, dispose maintenant d’une version… HTML5 pour les navigateurs modernes tels que Chrome.

Il manque un dernier argument pour convaincre les sceptiques ?

Les résultats de cette étude réalisée par Strategic Analytics devraient m’aider à faire passer le message ; elle prévoit qu’il y aura, fin 2013, dans moins de 2 ans, un milliard de smartphones compatibles HTML5. C’est plus que le nombre total de PC Windows utilisés aujourd’hui !

Une étude complémentaire, d’ABIResearch, annonce… 2,1 milliards d’objets mobiles HTML5 en 2016.

Entre 2000 et 2005, le non-respect des standards du Web par les développeurs qui ont été piégés par Microsoft et ses extensions propriétairessur IE6 a créé des catastrophes dont on souffre encore les conséquences en 2012.

En 2012, ne recommençons pas les mêmes grosses bêtises en se faisant piéger, une fois encore, par les appstores propriétaires ! Je voudrais bien ne pas avoir à réécrire en 2022 sur les appstores ce que j’écris aujourd’hui sur IE6 !

Tropezar misma piedraUn proverbe espagnol me vient à l’esprit :

« El hombre es el único animal capaz de tropezar dos veces on la misma piedra. »

(L’homme est le seul animal capable de trébucher deux fois sur la même pierre.)

Aidez-moi à faire mentir ce proverbe !

 

En guise de conclusion

On a commencé à se libérer des applications sur les PC de bureaux, avec l’arrivée des applications Web natives et des solutions Cloud/SaaS.

More Smartphones than PCFin 2011, plus de 50 % des accès au Web se font à partir d’objets qui ne sont plus des PC Windows historiques, et le mouvement s’accélère.

Cet article a un titre « pessimiste » : « The App Internet in 2012: Defining the death of the web » (L’internet applicatif en 2012 : définissant la mort du Web»

C’est au contraire un texte très optimiste qui se termine par la phrase suivante :

the Web has really only just begun (Le Web en est vraiment à ses débuts)

CES Home pageDans quelques jours, au CES de Las Vegas, des dizaines de tablettes et smartphones très puissants, équipés de puces quadricœurs vont être annoncés ; des ultrabooks, les nouveaux PC portables qui copient les MacBook Air, seront présents sur tous les stands.

La bonne nouvelle, c’est que tous ces CCD, Cloud Connected Devices, seront équipés de navigateurs modernes permettant d’offrir aux utilisateurs un exceptionnel confort d’utilisation d’applications Web natives HTML5.

Espérons que ce CES sera celui qui donnera le signal de la marginalisation, progressive, des appstores propriétaires, qui ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

Ne venez pas pleurer en 2015 parce que vos applications sur plateformes propriétaires n’ont plus aucun succès ; vous aurez été prévenu.

 

la source: ZDNet

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